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Pourquoi je relance mon site internet avec une approche minimaliste ?

Une réflexion sur la maîtrise de ses contenus, la simplicité, la curiosité et les raisons qui m’ont poussé à revenir aux fondamentaux du web.

Pendant des années, la majeure partie de mes contenus s’est retrouvée éparpillée sur les réseaux sociaux, des canaux Slack, des livrables clients, des présentations ou des notes privées. C’était utile sur le moment, avant d’être rapidement englouti par la mise à jour du prochain algorithme, ou un sujet tendance. L’une des principales raisons pour lesquelles je reconstruis ce site est simple : je veux un endroit pour des idées qui n’ont pas de date d’expiration. Bien sûr, j’aurais pu lancer un Substack, créer une newsletter ou configurer un énième profil sur une énième plateforme. Mais cela ne résoudrait pas vraiment le problème. L’une des idées fondamentales qui a façonné mes premières années sur le web était simple : posséder mes données, posséder mes contenus, posséder “ma plateforme”. Un site personnel n’est peut-être pas le moyen le plus efficace de publier du contenu aujourd’hui. Il ne rivalisera certainement jamais avec les réseaux sociaux en termes de portée. Mais il reste l’un des rares endroits où vous contrôlez totalement ce que vous dites, la manière dont c’est présenté et la façon dont cela évolue dans le temps.

Retour aux bases (et alignement des choix)

Cette refonte est aussi un retour assumé aux fondamentaux qui m’ont fait tomber amoureux du web : le HTML sémantique, l’accessibilité, la performance et les standards ouverts. Ce n’est pas par nostalgie — tout n’était pas mieux avant. C’est simplement que ces principes ont remarquablement bien résisté à l’épreuve du temps. Cette philosophie a également influencé les choix technologiques derrière ce site. Il est principalement construit avec du HTML sémantique, du CSS moderne et pas/très peu de JavaScript, Astro agissant avant tout comme une couche de compilation. Non pas parce que les frameworks modernes seraient mauvais par nature, mais parce qu’une technologie devrait toujours être choisie en fonction du problème qu’elle cherche à résoudre. Pour un site centré sur le contenu comme celui-ci, la simplicité reste, à mes yeux, la décision d’ingénierie la plus pertinente. Bon je prévois quelques surprises futures mais le contenu d’abord, toujours.

J’ai passé les vingt dernières années à travailler à l’intersection du business, du design, du pilotage projet et de la technologie. Au fil de mon parcours, j’ai managé des équipes créatives et techniques incroyables, alternant tout aussi bien de la conception de modèles de gouvernance que, parfois, du push de commits. Aujourd’hui, je peux tenir des conversations avec des designers UX, des développeurs, des CTOs, des stakeholders ou des équipes de production.

Mais quand on est EP/Directeur de projet à gérer des budgets et des plateformes d’entreprise complexes, l’exploration technique approfondie devient un luxe. Dans les grandes organisations, les technologies dites « éprouvées » — souvent les plus établies et les plus largement adoptées, mais pas toujours les plus adaptées à un projet spécifique — ont tendance à l’emporter sur l’expérimentation, et pour de bonnes raisons. Lorsqu’une stack est industrialisée à l’échelle d’une entreprise, elle doit pouvoir répondre aux besoins de centaines d’équipes et de projets différents. Cela signifie parfois accepter un niveau de complexité qui serait difficile à justifier pour un simple site web. Parallèlement, j’ai donc aussi vu au fil des années des sites web très simples accumuler des couches de complexité dont ils n’avaient jamais réellement besoin. Les frameworks ne sont pas le problème. Les décisions techniques mal alignées avec le besoin le sont. Chaque technologie implique des compromis, et parfois quelques lignes de HTML sémantique et de CSS restent la solution la plus pertinente. À ce stade de ma carrière, j’avais envie de retrouver cet espace de curiosité. Puisque ce site et mes futures expérimentations en R&D restent avant tout un hobby mené sur mon temps libre, je souhaite réduire au maximum la charge de maintenance. Une approche minimaliste permet justement de la limiter drastiquement et de me concentrer sur un principe auquel j’ai toujours cru : Comprendre d’abord. Automatiser ensuite.

Rester proche du terrain

Ces derniers temps, notre industrie est devenue obsédée par le “vibe coding” et le développement instantané assisté par IA. Ne me méprenez pas : comme tout le monde, j’utilise des outils d’IA. Parfois, ils font gagner des heures ; d’autres fois, ils génèrent de terribles idées avec une assurance déconcertante. Le vrai piège aujourd’hui n’est pas de savoir s’il faut utiliser l’IA, mais si nous comprenons encore assez le métier sous-jacent pour savoir quand elle nous aide et quand elle empire les choses. Je ne veux pas devenir dépendant d’outils que je ne saisis plus.

Le but ici n’est pas de devenir un développeur Rust à plein temps, un ingénieur Go ou un designer. C’est de rester assez proche du terrain pour comprendre véritablement les personnes qui construisent à mes côtés.

Bien que je sois ravi d’utiliser ces nouveaux outils dans ma section Playground, ce site a l’approche inverse : une immersion poussée dans la documentation. Sans survoler, sans couper les ponts. Je veux comprendre de nouveau en profondeur comment le web évolue, que cela passe par l’exploration de Go, Rust, Rive, WebAssembly ou WebGPU.

Je dis toujours la même chose aux juniors : pour orchestrer un projet efficacement, il n’est pas nécessaire d’être un expert hyper-spécialisé, mais il faut comprendre les frictions, la faisabilité technique et les limites de ses outils. Ce site est ma façon de retrouver un point de vue affûtée, agnostique technologiquement et ancrée dans la réalité. Mieux je comprends le métier, mieux je peux aider les équipes à trouver des solutions dans la complexité, à prendre des décisions éclairées et à livrer un travail de qualité.

Partager sans les fioritures

Ce site ne parle pas que de code, pour autant. Je vais également y partager mes vingt ans d’expérience en tant que directeur de production et de projet — en décortiquant des frameworks, des outils créatifs, des méthodologies de management et des stratégies business. Et je le fais entièrement gratuitement, sans aucune contrepartie. Il n’y aura pas de fioritures du genre “likez, commentez et envoyez-moi un DM pour recevoir le lien”, pas de contenu verrouillé, ni de paywalls. Je n’ai aucun intérêt à courir après les vues, à collecter des leads ou à jouer avec l’algorithme de LinkedIn. Ma philosophie ici est simple : Faire du travail sérieux, le partager simplement.

Conçu pour durer

Cette version initiale est volontairement épurée pour se concentrer sur l’essentiel :

Pas de stratégie de croissance. Pas de tunnels de conversion. Pas d’astuces pour doper l’engagement. Juste un endroit pour apprendre, expérimenter, documenter et partager. Un petit coin du web où les idées, les expérimentations et les enseignements peuvent vivre plus longtemps qu’un simple post sur les réseaux sociaux.